À l’occasion des Journées du patrimoine, la Villa Palauda de Thuir accueille l’avant-première d’« Un Taxi pour l’Espagne », premier long-métrage de Romain Broch et Pauline Cabrol-Mathieu. Le film, tourné à 90 % dans la demeure catalane, sortira en salles en janvier 2027.
Elle est le décor principal du film : la Villa Palauda, à Thuir, a accueilli l’essentiel du tournage d’« Un Taxi pour l’Espagne », premier long-métrage réalisé à quatre mains par Romain Broch et Pauline Cabrol-Mathieu. Avant sa sortie nationale prévue en janvier 2027, le public thuirinois pourra le découvrir en avant-première, en plein air, dans le parc de la villa, à l’occasion des Journées du patrimoine.
Une histoire de famille inspirée d’un drame intime
Écrit par Pauline Cabrol-Mathieu, le scénario s’inspire d’un épisode personnel et douloureux : celui d’une proche partie en urgence rejoindre son père, dépressif, la veille de son euthanasie programmée.
« La technologie nous pousse parfois à des choses un peu folles — programmer une mort, la mettre en scène… », confie la réalisatrice.
De cette réflexion est née une histoire resserrée sur une seule nuit : la dernière supposée avec la mère, entre deux filles qui doivent lui dire au revoir — l’une prête à tout pour la sauver, l’autre venue avec sa colère.
Un sujet grave, mais que le duo ne veut pas voir comme pesant :
« Malgré le sujet, je ne pense pas que ce soit un film lourd : il y a de la légèreté, portée par le trio d’actrices, avec de l’humour et de la tendresse. Ce n’est pas un film qui impose un point de vue, plutôt un film qui questionne. »
La Villa Palauda, « presque un casting de lieu »
Le choix de Thuir n’a rien d’un hasard de calendrier. C’est un vrai coup de cœur, né lors des repérages, qui a conduit l’équipe vers la Villa Palauda.
« On a tout de suite senti que c’était le bon décor : on a l’impression que les pièces sont encore habitées, il y a quelque chose de très vivant dans la Villa Palauda », expliquent les cinéastes. « C’était important pour nous, puisque c’est une histoire familiale, que ce soit une vraie maison de famille. »
Résultat : 90 % du film a été tourné sur place, au point que la maison devient presque un personnage à part entière.
« La maison est presque un personnage à part entière, presque un casting de lieu », résument les réalisateurs. « Ce qui compte, c’est qu’on ne s’y sente jamais enfermé — et ce qui est beau avec la villa, c’est que chaque pièce raconte sa propre histoire. »
L’équipe technique, venue en majorité de Paris, garde elle aussi un souvenir marqué du tournage :
« On est arrivés un peu sur la pointe des pieds dans cette villa imposante mais très accueillante. Tout le monde — jusqu’aux techniciens — s’y est senti bien. Je pense que ça se voit dans le film ! »

Un retour aux racines catalanes
Pour Romain Broch et Pauline Cabrol-Mathieu, tous deux originaires du secteur de Baixas et Cabestany, tourner dans les Pyrénées-Orientales avait une dimension personnelle forte.
« Notre imaginaire est imprégné des Pyrénées-Orientales, de la province, de la montagne, de la frontière avec l’Espagne… Ce sont ces paysages qu’on avait envie de filmer, et ces histoires qu’on avait envie de raconter. »
Le tournage, d’environ deux semaines à la villa, s’est prolongé par quelques séquences à l’aéroport de Perpignan, sur la route Perpignan-Thuir, ainsi que des scènes finales à Leucate-la-Franqui.
Le duo, qui s’est rencontré en 2018 comme stagiaires sur un tournage d’André Téchiné avant de fonder sa société de production Noct Films en 2020, n’exclut pas de revenir tourner dans le département — avec, en ligne de mire, l’envie d’un futur film bilingue français-catalan.
Rendez-vous aux Journées du patrimoine
Le public thuirinois sera le premier à découvrir le film, sur les lieux mêmes du tournage, lors d’une projection en plein air dans le parc de la Villa Palauda.
« C’est une belle occasion de faire une première sur le lieu même du tournage », se réjouissent les réalisateurs, qui seront présents à l’issue de la séance pour échanger avec le public.
Les cinéastes tiennent enfin à saluer l’accueil reçu localement : « Nous avons été très bien accueillis par les équipes de Thuir, par Nicole Garcia, par Pascal Doutre, par l’équipe de la villa — notamment André et Marlène. On a été reçus avec beaucoup de professionnalisme et de cœur, et ça a permis de faire le film tel qu’il est aujourd’hui. »



